Les jeunes vont-ils plus mal qu'avant ? Les données québécoises récentes dessinent une tendance préoccupante, particulièrement chez les filles et les jeunes femmes.
Au secondaire : la santé mentale recule
La part des élèves du secondaire présentant une santé mentale florissante est passée de 47 % en 2016-2017 à 37 % en 2022-2023. L'écart entre les sexes est marqué : 44 % chez les garçons contre 29 % chez les filles.
- Trouble anxieux diagnostiqué : de 9 % (2010-2011) à 20 % (2022-2023).
- Dépression diagnostiquée : de 4,9 % à 7 % sur la même période.
- 41 % des élèves estiment que leur santé mentale s'est détériorée à cause de la pandémie.
À Montréal, le contraste est saisissant : 58 % des filles rapportent une détresse psychologique élevée, contre 28 % des garçons.
Chez les étudiants : des chiffres alarmants
Une enquête menée à l'automne 2024 auprès de plus de 32 000 étudiants dans 77 établissements collégiaux et universitaires révèle que 42,9 % présentaient un trouble d'anxiété généralisée probable et 46,6 % un épisode dépressif majeur probable — soit plus du double de la population adulte.
Certaines populations sont encore plus touchées : chez les étudiants en situation de handicap, 66,2 % présentaient des symptômes d'anxiété et 71,1 % des symptômes dépressifs. Les étudiants universitaires vivent aussi trois fois plus d'idéations suicidaires que la population générale.
Comprendre sans catastrophiser
Ces chiffres ne signifient pas qu'une génération est « brisée ». Ils reflètent aussi une meilleure reconnaissance et un plus grand dépistage. Mais ils confirment un besoin réel : espaces d'écoute, soutien accessible, et adultes capables d'accueillir la parole des jeunes sans la minimiser.
En résumé : la pression sur les jeunes est réelle et mesurée. Les écouter tôt, sans dramatiser ni banaliser, reste la meilleure prévention.